L’or bleu, mémoires de l’indigo au Sénégal

Le Musée de la Femme de Dakar a sollicité le Conservatoire des Arts et Métiers de l’Élégance de Saint-Louis pour l’étude de différents textiles indigos de ses collections, anciens et contemporains, leur documentation et présentation au musée. Maï Diop a fait ce travail comme commissaire associé.

Collection Mufem

Collection MUFEM

L’exposition a pour objectif de renseigner le visiteur sur le processus de teinture à la cuve et sur la préparation des étoffes avant leur immersion dans le bain de couleur.

Le Conservatoire a prêté ses pièces: celles qui sont comme brodées, en vue de créer des motifs par réserves.

Le mur d’images représentant les femmes habillées d’indigos a bénéficié de cinq photos sauvées de la destruction par le Conservatoire.

Delphine Calmette et Maï Diop vous invitent à découvrir ce parcours nourri des secrets et pratiques ancestrales du Sénégal: pays d’Afrique le plus tôt initié à l’indigo de par la présence portugaise au XVIè s.

Les portugais ont créé la monnaie-pagne qui a servi durant deux siècles dans les échanges commerciaux en Afrique. Pagnes richement ornés à travers une nouvelle technique de tissage mise au point sur les métiers à tisser africains au Cap Vert. L’indigo teint le fil de coton local et la teinture se répand en même temps que la monnaie textile. Nous avons observé les broderies de réserves pratiquées par les femmes wolof de Saint-Louis et elles correspondent point par point à des motifs tissés de ces antiques pagnes. Nous émettons l’hypothèse que les pagnes tissés de grande valeur ont été le modèle emprunté pour réaliser des pagnes teints à réserves brodées. Ceux-ci ont atteint des sommets de raffinement et ont été adoptés tout comme les pagnes tissés pour servir de monnaie d’échange et de compte, de dot, d’offrandes aux chefs et aux souverains.

001

flyer-expo-indigo

Publicités

en présence des professeurs Rovine et Mc Laughlin …

notre inauguration de « Wané Ndono:  l’exposition d’un héritage »

DSC03141   DSC03162

DSC03145 DSC03153 DSC03159 DSC03167

Madame Victoria Rovine
Madame Fiona Mc Laughlin
Chers collègues, chers amis, cher public,
Je vous prie d’excuser l’absence de monsieur le Maire Cheikh Bamba Dieye et de l’adjointe à la culture madame Ngoné Thioune qui auraient souhaités être là mais qui sont retenus pour inaugurer Duo Solo le festival de danse contemporaine auquel nous nous rendrons sûrement nombreux, dès ce soir à l’Institut Français.
Nous vous accueillons avec grand plaisir pour cette exposition dite permanente au Conservatoire des Arts et Métiers de l’Élégance. Elle a été voulue et programmée par l’Association ACAMÉE qui est la structure chargée d’animer le projet de ce Conservatoire CAMÉE .
Je suis impliquée à 2 titres : en tant que présidente de l’association et en tant que collectionneuse de ces fameux textiles qui sont pour la plus part de facture mandjak.
Les pagnes présentés dans cette exposition ont été sélectionnés pour leur provenance : ils viennent de familles saint -louisiennes. Seulement 2 pièces viennent du Cap Vert : elles illustrent bien l’origine pré-coloniale de ce savoir-faire auquel les explorateurs portugais ont beaucoup apporté.
Un tel artisanat s’est développé grâce à la demande (énorme aux 17è et 18è siècles ) et à la concurrence : d’innombrables tisserands étaient à l’ouvrage pour fabriquer ces pagnes-monnaie. La concurrence créée l’émulation.
Maintenant je pense que pour que pour que la demande persiste il faut que la culture persiste. Les coutumes veulent que ces textiles soient présents lors des cérémonies. Si les modes de vie changent et que la mondialisation des goûts nous donnent envie d’autres modes de consommation, nous nous détournons de nos propres valeurs et représentations symboliques. Ainsi se perdent les fondamentaux qui structuraient les familles et se perdent du même coup le goût pour ces objets.

L’intérêt d’une exposition permanente est non seulement de permettre aux visiteurs extérieurs à la ville, aux invités de la commune, d’avoir toujours accès à ce déploiement de pagnes de famille, à cet héritage textile de facture locale, mais aussi de donner le temps aux écoles, aux lycéens, aux étudiants de l’UGB de venir sonder les messages multiples des étoffes, de leur reconnaître leur valeur et de se poser des questions.
– la pérenité de l’artisanat d’art ici et maintenant
– la créativité des femmes qui donnent à tisser
– le symbolisme dans la vie : de la naissance à la mort
et bien d’autres questions qui concernent le patrimoine immatériel de la société saint-louisienne et que l’art populaire permet de sonder.

L’action du Conservatoire va se déployer au fil des mois et des années. Des expositions temporaires vont être présentées dans l’espace central : sur des mannequins, sur des panneaux auto-portants, des kakémonos descendant des cintres etc. Des sessions de formation vont être programmées avec les artisans et stylistes demandant du perfectionnement.
Le Conservatoire se veut participant lors des actions initiées par d’autres structures : Entre’Vues(portes ouvertes sur le Patrimoine), Duo Solo dès l’année prochaine (danse avec les symboles tissés …), Saint-Louis : Capitale africaine de la Culture etc.
Notre Conservatoire souhaite aussi s’ouvrir à d’autres collectionneurs, et créateurs (bijoux, accessoires, coiffure, photo de mode etc.)
Les idées sont belles, nous sommes nombreux à vouloir les développer, c’est difficile parfois car les moyens financiers sont rares. Mais nous sommes quelques associations à vouloir nous rassembler pour mutualiser nos forces et agir en faveur de nos projets face aux bailleurs de fonds. Nous devons convaincre, abattre les murs du doute, rassurer nos partenaires par une bonne gestion, transparente et rigoureuse.

Depuis le 5 janvier : date d’ouverture du CAMÉE nous avons été très actifs et très économes, ceci pour pouvoir présenter un rapport d’activité chiffré : ce qui compte beaucoup dans un dossier de demande de fonds.
Il y a eu TAKK bleus et palman : les couleurs de l’indigo : l’expo d’ouverture avec le sublime film de Patricia Gérimont et Jean-Claude Taburiaux présents pour le commenter ;
Il y a eu « Verres de Stars » qui a joué avec les lunettes noires et le portrait photo (Opération interactive en 2 temps qui a mobilisé + de 60 jeunes et un large public)
Il y a eu aussi une journée avec les étudiants en licence 1 et 2 de l’UGB, étudiants en infographie auxquels j’ai parlé sur la conception et réalisation d’une exposition en prenant le cas de Verres de Stars.
Ce moment de partage a compté : c’est le début d’un cheminement que l’association A.CAMÉE appelle de ses vœux : que notre Conservatoire soit un terrain fertile qui s’offre aux jeunes pour leurs pratiques, leurs recherches, leurs expérimentations ou leurs enquêtes de terrain.

Merci de m’avoir donnée cette opportunité de re situer les objectifs larges de notre association, nous espérons que vous ferez une bonne visite de Wané Ndono et que vous reviendrez avec vos familles, vos amis, pour échanger avec nous et commenter notre présentation.
Je vous remercie de votre attention.