Les scolaires au CAMÉE

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Depuis la rentrée 2014 les écoles primaires se pressent au CAMÉE. Les instituteurs organisent leurs sorties pédagogiques avec des classes de 20 élèves. Nous visitons les expositions, notons un vocabulaire français lié au thème, l’animatrice invite les enfants à dialoguer sur certains objets spécifiques. Puis vient le moment où, installés sur de grandes nattes, les enfants sont invités à reconnaître différentes sortes de tissus: ils touchent velours, satin, percale, voile de coton et enfin le tissage artisanal local qu’ils ne connaissent pas encore. Les instruments du tailleur: les ciseaux, le mètre ruban … sont montrés et nommés mais aussi écrits sur les cahiers. L’animatrice sort de différents paniers des rubans, cordons, dentelles … qui sont montrés, touchés et reliés au thème de l’exposition. Enfin les enfants sont invités à découper des longueurs de voile à jours dans lesquels ils introduisent des galons et des cordons de couleurs par groupes de 2. Une partie des enfants s’emparent de dentelles dans lesquelles ils introduisent les mêmes éléments. Ces manipulations permettent d’observer le principe des fronces, des bouillonnés que l’on retrouve sur leurs propres vêtements, et sur les robes de l’exposition.

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Après une visite aux tisserands et la prise en compte de nouvelles notions, les élèves de CM1 et CM2 de l’école Ndatte Yalla font l’analyse de deux tissus: Quelles sont les couleurs de chaîne ? de trame ? la couleur majoritaire en fond ? les couleurs des motifs ?

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Et une séance de broderie aux rubans très réussie.

Pour finir les enfants remercient en chanson.

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en présence des professeurs Rovine et Mc Laughlin …

notre inauguration de « Wané Ndono:  l’exposition d’un héritage »

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Madame Victoria Rovine
Madame Fiona Mc Laughlin
Chers collègues, chers amis, cher public,
Je vous prie d’excuser l’absence de monsieur le Maire Cheikh Bamba Dieye et de l’adjointe à la culture madame Ngoné Thioune qui auraient souhaités être là mais qui sont retenus pour inaugurer Duo Solo le festival de danse contemporaine auquel nous nous rendrons sûrement nombreux, dès ce soir à l’Institut Français.
Nous vous accueillons avec grand plaisir pour cette exposition dite permanente au Conservatoire des Arts et Métiers de l’Élégance. Elle a été voulue et programmée par l’Association ACAMÉE qui est la structure chargée d’animer le projet de ce Conservatoire CAMÉE .
Je suis impliquée à 2 titres : en tant que présidente de l’association et en tant que collectionneuse de ces fameux textiles qui sont pour la plus part de facture mandjak.
Les pagnes présentés dans cette exposition ont été sélectionnés pour leur provenance : ils viennent de familles saint -louisiennes. Seulement 2 pièces viennent du Cap Vert : elles illustrent bien l’origine pré-coloniale de ce savoir-faire auquel les explorateurs portugais ont beaucoup apporté.
Un tel artisanat s’est développé grâce à la demande (énorme aux 17è et 18è siècles ) et à la concurrence : d’innombrables tisserands étaient à l’ouvrage pour fabriquer ces pagnes-monnaie. La concurrence créée l’émulation.
Maintenant je pense que pour que pour que la demande persiste il faut que la culture persiste. Les coutumes veulent que ces textiles soient présents lors des cérémonies. Si les modes de vie changent et que la mondialisation des goûts nous donnent envie d’autres modes de consommation, nous nous détournons de nos propres valeurs et représentations symboliques. Ainsi se perdent les fondamentaux qui structuraient les familles et se perdent du même coup le goût pour ces objets.

L’intérêt d’une exposition permanente est non seulement de permettre aux visiteurs extérieurs à la ville, aux invités de la commune, d’avoir toujours accès à ce déploiement de pagnes de famille, à cet héritage textile de facture locale, mais aussi de donner le temps aux écoles, aux lycéens, aux étudiants de l’UGB de venir sonder les messages multiples des étoffes, de leur reconnaître leur valeur et de se poser des questions.
– la pérenité de l’artisanat d’art ici et maintenant
– la créativité des femmes qui donnent à tisser
– le symbolisme dans la vie : de la naissance à la mort
et bien d’autres questions qui concernent le patrimoine immatériel de la société saint-louisienne et que l’art populaire permet de sonder.

L’action du Conservatoire va se déployer au fil des mois et des années. Des expositions temporaires vont être présentées dans l’espace central : sur des mannequins, sur des panneaux auto-portants, des kakémonos descendant des cintres etc. Des sessions de formation vont être programmées avec les artisans et stylistes demandant du perfectionnement.
Le Conservatoire se veut participant lors des actions initiées par d’autres structures : Entre’Vues(portes ouvertes sur le Patrimoine), Duo Solo dès l’année prochaine (danse avec les symboles tissés …), Saint-Louis : Capitale africaine de la Culture etc.
Notre Conservatoire souhaite aussi s’ouvrir à d’autres collectionneurs, et créateurs (bijoux, accessoires, coiffure, photo de mode etc.)
Les idées sont belles, nous sommes nombreux à vouloir les développer, c’est difficile parfois car les moyens financiers sont rares. Mais nous sommes quelques associations à vouloir nous rassembler pour mutualiser nos forces et agir en faveur de nos projets face aux bailleurs de fonds. Nous devons convaincre, abattre les murs du doute, rassurer nos partenaires par une bonne gestion, transparente et rigoureuse.

Depuis le 5 janvier : date d’ouverture du CAMÉE nous avons été très actifs et très économes, ceci pour pouvoir présenter un rapport d’activité chiffré : ce qui compte beaucoup dans un dossier de demande de fonds.
Il y a eu TAKK bleus et palman : les couleurs de l’indigo : l’expo d’ouverture avec le sublime film de Patricia Gérimont et Jean-Claude Taburiaux présents pour le commenter ;
Il y a eu « Verres de Stars » qui a joué avec les lunettes noires et le portrait photo (Opération interactive en 2 temps qui a mobilisé + de 60 jeunes et un large public)
Il y a eu aussi une journée avec les étudiants en licence 1 et 2 de l’UGB, étudiants en infographie auxquels j’ai parlé sur la conception et réalisation d’une exposition en prenant le cas de Verres de Stars.
Ce moment de partage a compté : c’est le début d’un cheminement que l’association A.CAMÉE appelle de ses vœux : que notre Conservatoire soit un terrain fertile qui s’offre aux jeunes pour leurs pratiques, leurs recherches, leurs expérimentations ou leurs enquêtes de terrain.

Merci de m’avoir donnée cette opportunité de re situer les objectifs larges de notre association, nous espérons que vous ferez une bonne visite de Wané Ndono et que vous reviendrez avec vos familles, vos amis, pour échanger avec nous et commenter notre présentation.
Je vous remercie de votre attention.

L’A.CAMÉE statuts de l’association, extraits et formulaire d’adhésion.

Crée le 17 mars 2012, l’A.CAMÉE a été enregistrée officiellement le 23 octobre 2012:

Récépissé ACAME  N° 01183/GR.SL/AA

DÉCLARATION de CONSTITUTION

ACAMÉ : Association pour le Conservatoire des Arts et Métiers de l’Élégance  226, rue Xalifa Ababacar SY Saint-Louis du Sénégal (Île Nord)

ARTICLE 1er — Constitution

Il est constitué entre les adhérents aux présents statuts et ceux qui y adhéreront ultérieurement, une association régie par la loi n° 66-70 du 13 Juillet 1966 modifiée et le décret n° 76-0040 du 16 Janvier 1976.

ARTICLE 2 — Durée

L’association est constituée pour une durée indéterminée.

ARTICLE 3 – Siège social

Le siège de l’association est fixé à :  226 rue Xalifa Ababacar SY Saint-Louis du Sénégal (Île – Nord)

Il pourra être transféré en tout autre lieu de la même commune par décision du Conseil d’Administration et partout ailleurs par décision de l’Assemblée Générale.

ARTICLE 4 – Objet social

L’association ACAMÉ (Association pour le Conservatoire des Arts et Métiers de l’Élégance) a pour objet :

  • La sauvegarde, la protection et l’incitation au respect du patrimoine textile de Saint-Louis et du nord Sénégal, et plus largement de l’Afrique de l’ouest au sein du conservatoire,
  • La sensibilisation des décideurs et de l’opinion publique aux dommages susceptibles d’affecter ce patrimoine,
  • La valorisation de tous les savoirs et savoirs-faire de l’élégance sénégalaise,
  • La formation ou le renforcement des capacités des artisans de la filière textile en tissage, broderie à la main, teinture, finitions,
  • La promotion et l’aide à la présentation, commercialisation des produits artisanaux comme le coton naturel, l’indigo et la cola,
  • L’encouragement aux applications contemporaines en décoration et stylisme,
  • La collaboration et le travail en synergie avec d’autres organisations notamment les Chambres des Métiers, les agences de développement : communales et régionales, les ONG (organisations non gouvernementales) les autres associations …

A ce titre ses moyens d’action sont :

  • L’implantation et la gestion à Saint-Louis de son conservatoire : lieu d’expositions et de pédagogie ;
  • Les groupes de travail thématiques ;
  • L’appui technique et l’aide à la structuration des organisations artisanales du secteur textile traditionnel ;
  • La structuration et l’organisation de la filière textile artisanale pour des matières premières traditionnelles de qualité ;
  • Les cours, conférences, séminaires, ateliers, stages, voyages d’étude, colloques,
  • Les expositions, publications, documentaires, émissions radio et TV, l’animation d’un site Internet…
  • L’organisation d’événements à Saint-Louis, au Sénégal et à l’étranger et toute autre action ou manifestation entrant dans l’esprit des buts susvisés ;
  • Les recherches sur les produits de l’artisanat du passé :coutumes, origines et significations , collecte de pièces et de témoignages ;
  • La documentation des collections aux fins d’éduquer, transmettre, communiquer avec le public.

ARTICLE 5 – Propriété du titre

L’association est propriétaire du titre « Conservatoire des Arts et Métiers de l’Élégance». Il ne peut être utilisé par des tiers qu’après accord écrit des responsables de l’association.