L’or bleu, mémoires de l’indigo au Sénégal

Le Musée de la Femme de Dakar a sollicité le Conservatoire des Arts et Métiers de l’Élégance de Saint-Louis pour l’étude de différents textiles indigos de ses collections, anciens et contemporains, leur documentation et présentation au musée. Maï Diop a fait ce travail comme commissaire associé.

Collection Mufem

Collection MUFEM

L’exposition a pour objectif de renseigner le visiteur sur le processus de teinture à la cuve et sur la préparation des étoffes avant leur immersion dans le bain de couleur.

Le Conservatoire a prêté ses pièces: celles qui sont comme brodées, en vue de créer des motifs par réserves.

Le mur d’images représentant les femmes habillées d’indigos a bénéficié de cinq photos sauvées de la destruction par le Conservatoire.

Delphine Calmette et Maï Diop vous invitent à découvrir ce parcours nourri des secrets et pratiques ancestrales du Sénégal: pays d’Afrique le plus tôt initié à l’indigo de par la présence portugaise au XVIè s.

Les portugais ont créé la monnaie-pagne qui a servi durant deux siècles dans les échanges commerciaux en Afrique. Pagnes richement ornés à travers une nouvelle technique de tissage mise au point sur les métiers à tisser africains au Cap Vert. L’indigo teint le fil de coton local et la teinture se répand en même temps que la monnaie textile. Nous avons observé les broderies de réserves pratiquées par les femmes wolof de Saint-Louis et elles correspondent point par point à des motifs tissés de ces antiques pagnes. Nous émettons l’hypothèse que les pagnes tissés de grande valeur ont été le modèle emprunté pour réaliser des pagnes teints à réserves brodées. Ceux-ci ont atteint des sommets de raffinement et ont été adoptés tout comme les pagnes tissés pour servir de monnaie d’échange et de compte, de dot, d’offrandes aux chefs et aux souverains.

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Nouveau don au Conservatoire

Ce 20 août Madeleine Devès Senghor a fait don au Conservatoire d’une robe ancienne dont l’étoffe a été préparée par une teinturière de Saint-Louis en 1965. Ce style de robe appelée localement « ndokette » est un modèle de tenue qui se porte encore de nos jours. Elle est une alternative au port du boubou, son ampleur laisse le corps respirer, elle se porte généralement avec un pagne assorti. Après une petite restauration, cette pièce est conservée jalousement pour être exposée lors de notre programme « ndokettes » au 4ème trimestre 2014. Nous remercions Madame Madeleine Devès Senghor pour ce don.

Ndoquette indigo Don de M.Senghor

Ndoquette indigo
Don de M.Senghor

Nous programmons une exposition sur le thème de la ndoquette: cette robe est intéressante à plus d’un titre car sa coupe est très proche de celle des robes antillaises et bahianaises. Remarquez aussi l’association avec la broderie anglaise qui est commune à ces différentes robes.

Bahianaise

Bahianaise

http://afrodes.wordpress.com/category/afrique-afrodescendants/

Sénégalaise

Sénégalaise

http://cartes-postales.delcampe.fr/page/item/id,135463388

Antillaise

Antillaise

http://lentilus.com/robe-madras/15-robe-longue-madras-smokee-broderie.html

Nous lançons l’information pour que d’ici août 2014 les personnes qui détiennent ce genre de robe (ancienne, exceptionnelle …) nous fassent une offre de prêt. Un contrat de prêt sera établi entre la direction du Conservatoire et les prêteurs.

Nouvelles acquisitions le 15 juin 2013

003 Basin « takk brodé/serré » de Saint-Louis du Sénégal avec franges. Pièce de grande dimension (châle ?) très rare. Acquisition Maï Diop juin 2013

004 Pagne tissé, très fin, indigo-takk réalisé sur fond noir et blanc. Acquisition Maï Diop juin 2013.

Exposition 1 Takk bleus et palman: les couleurs de l’indigo

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Takk est l’expression wolof qui désigne l’acte d’attacher serré. C’est ce que l’on fait pour préparer l’étoffe avant de la teindre à l’indigo. Après teinture on lâche toutes les ligatures et apparaissent les motifs en blanc sur bleu.

Palman est la couleur indigo modifiée par adjonction de cyanure de cuivre. La couleur obtenue est un magnifique violet cuivré.

L’exposition présente des « travaux en cours »: pièces rares qui montrent les travaux de réserve avant teinture, après teinture, en cours de mise à plat … Ces objets textiles sont en soi de véritables œuvres: elles contiennent la densité d’une culture très attachée à ses symboles, la gestuelle patiente et ardente d’artisanes expertes, mais peu nombreuses aujourd’hui. Sont présents les pagnes tissés et teints à l’indigo, les boubous dans leur ample splendeur bleue, violette, palman … cette couleur aubergine dorée qui donne au basin calandré une allure de bijou très seyant … Plusieurs pièces exceptionnelles de la collection privée de Maï Diop, de celle de Mansour Thioye et deux robes contemporaines de Rama Diaw, styliste montante de Saint-Louis donnent à cette exposition le caractère didactique et documentaire que le CAMÉE veut offrir à la commune de Saint-Louis, à ses habitants et aux visiteurs attentifs à comprendre  les aspects culturels contenus dans la vieille cité classée.

Maï Diop.